Visualiser un appartement avant même d'acheter le mobilier ou de lancer les travaux, c'est précisément ce que permet la perspective 3D, et ce projet d'appartement haussmannien à Lyon en est un exemple concret. Le propriétaire venait d'acquérir ce bien dans le sixième arrondissement avec l'intention de le rénover pour le mettre en location. Il voulait une décoration qui sorte des sentiers habituels, quelque chose de plus affirmé que le traditionnel intérieur blanc épuré qui reste souvent la réponse par défaut dans ce type de bien. Avant de dépenser quoi que ce soit en mobilier ou en travaux, il voulait se projeter et valider ses choix.
Le point de départ du projet était particulièrement minimaliste en termes de documentation : une photo du plan datant de 1991 et une vidéo filmée à la main lors de la visite d'achat, où l'on devine les volumes plus qu'on ne les mesure. C'est à partir de ces deux sources que la modélisation 3D a été construite, en reconstituant les proportions des pièces, les hauteurs sous plafond généreuses caractéristiques des immeubles haussmanniens, les fenêtres à petits carreaux et la cheminée du séjour.
La question de la lumière a demandé une approche adaptée au contexte urbain lyonnais. Dans un immeuble du sixième arrondissement entouré de bâtiments de même hauteur, la lumière directe du soleil ne pénètre pas de la même façon que dans une maison individuelle. J'ai fait le choix de travailler autour d'un soleil de midi, le seul moment de la journée où la lumière peut réellement descendre entre les façades et toucher l'intérieur de manière convaincante. Ce choix, contraint par la réalité du site, a finalement contribué à donner aux rendus une lumière douce et diffuse, cohérente avec l'atmosphère recherchée.
Le résultat a permis au propriétaire de valider ses partis pris décoratifs avant tout engagement financier : les teintes sombres, les matériaux choisis, la disposition du mobilier. Tout ce qui aurait normalement nécessité plusieurs allers retours avec un décorateur, ou pire, des achats difficiles à retourner, a pu être arbitré en amont sur la base des images. La haute résolution des rendus a par ailleurs permis de recadrer l'une des perspectives pour en extraire un format complémentaire, livrant ainsi deux visuels exploitables depuis une seule session de calcul.
Ce projet illustre un usage de la visualisation 3D qu'on évoque moins souvent que les concours ou les permis de construire : celui d'un outil de décision au service d'un particulier qui veut voir avant de choisir, avec des sources imparfaites et un budget à maîtriser.